Depuis le début des années 1970, les techniques de procréation médicalement assistée (PMA) ont révolutionné la façon dont les familles peuvent être créées : il est désormais possible de fonder une famille sans sexe et même sans lien génétique (biologique) avec l'enfant. Longtemps laissée à la discrétion des médecins, l'accès à la PMA a été réglementé depuis 1994 par le législateur, qui ne permet l'accès qu'aux seuls couples hétérosexuels infertiles et interdit toute recours aux mères porteuses. Ce cadre juridique a été fixé il y a vingt-cinq ans, à une époque où les couples de même sexe n'avaient pas accès au mariage civil et à l'adoption. Aujourd'hui, pour fonder une famille, ils se rendent à l'étranger. Ces parcours obligent à repenser le bien-fondé de la législation actuelle : les techniques de PMA doivent-elles être ouvertes à tous les couples ? Faut-il mettre fin à l'anonymat des dons de gamètes ? La PMA post mortem est-elle éthique ? Qu'en est-il dans les pays qui ont légalisé la GPA (gestation pour autrui) ? Doit-on la légaliser en France ? Et si oui, selon quel principe, quelle valeur, quel critère ?