La trilogie "Vernon Subutex" de Virginie Despentes se conclut par un troisième tome, qui commence par une scène d'introduction : Vernon, l'ancien disquaire devenu le gourou d'une petite communauté nomade appelée "le camp", souffre d'une rage de dents. Autour de lui, sa cohorte de marginaux ou d'originaux ont fait de lui leur directeur de conscience et le révélateur de leur meilleure part. En trois tomes, Despentes réalise une série de portraits des bas et hauts fonds de la société de ce début de millénaire.
On retrouve avec plaisir certains personnages haut en couleurs et aux obsessions itératives. L'ensemble constitue une saga de plus de mille pages d'une rare efficacité narrative dont on taira la ligne générale pour ceux qui n'y ont pas encore mis le nez.
Le déferlement de rock qui hante chaque chapitre renvoie à la passion de l'auteure pour la musique, ce langage universel qui constitue sans doute la meilleure religion pour l'humanité. Suite et fin pour Vernon Subutex, fresque fictive, bien ancrée dans la réalité des années 2015-2017. Virginie Despentes tisse sa trame narrative en s'appuyant sur sa vingtaine de personnages, qui gravite autour de cet ancien disquaire parisien devenu SDF et qui tente de rebondir avec la musique en bouée de sauvetage.
Pleine d'humanité pour ses personnages, qu'elle élabore en finalement assez peu de pages, elle explore notamment un des thèmes qui lui est cher : le fracassement de l'humain par la violence, ainsi que son éventuelle capacité à s'en relever. On ne peut qu'attendre avec impatience l'adaptation en série TV de ce chef-d'œuvre littéraire.
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