Dans cette tragédie psychologique - celle de l'amour - s'ajoute un certain élément tragique moral - celui de la dignité perdue - qui n'apparaît que dans Phèdre. Ici seule, le personnage se livre à sa passion en la haïssant, continue à combattre contre soi, tout en s'abandonnant à lui-même, pour être vaincu enfin sur les deux plans où se développe cette tragédie singulière : le plan moral et le plan psychologique. Phèdre est un témoin de la liberté. Racine remplit ici la vocation éternelle de la tragédie, qui est d'orchestrer une méditation sur la situation de l'homme.